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Quand le végétarisme pèse

Lunchbox végétarienne et végétalienne santé (healthy protéinée

 

Je suis devenue végétarienne il y a 3 ans maintenant et je crois que je suis passée par à peu près tous les stades qu’il peut exister (excepté les cas liés aux enfants)(on en reparlera un peu plus loin dans l’article).

J’ai été d’abord émerveillée de découvrir que, c’est possible ! Oui, des gens sont vraiment végétariens, non, ils ne ressemblent pas à des hippies et vivent dans des maisons tout en dur, pas des vans Volkswagen (même si au fond c’est tellement beau les vans de hippies)(pas forcément Volkswagen). J’ai été émerveillée de me rendre compte que l’on peut avoir un apport équilibré en protéines, fer, acides gras, même si c’est pas toujours facile parce qu’on culpabilise beaucoup, tout le temps (mais ça, c’est avec le recul)(quand on se rend compte qu’on n’a pas fait tremper de haricots rouge pour demain). J’ai été émerveillée de découvrir TOUS ces nouveaux aliments (coucou tofu, quinoa, graines de courge, farine d’épeautre, lentilles multicolores), et j’ai été encore plus émerveillée de finir tous mes repas avec la sainte sensation que je ne fais plus partie du lobbying tout puissant de l’industrie carnée (je suis liiiibre).

Et puis, la vie suivant son cours, j’en ai parlé, un peu. Me suis forgée des arguments (merci Eleusis & Megara cet article a longtemps été une bible), j’ai mené des débats contre des murs, et enfoncé des portes ouvertes. J’ai suscité la curiosité de certains, l’envie chez d’autre, j’ai suscité l’indifférence pour très peu, la colère parfois, j’ai contribué à ouvrir l’esprit, mais aussi à fermer des visages. Je suis toujours restée tolérante (je crois), même si parfois tout ça bouillait en moi (s’il vous plait, non, ne me faîtes pas le cri de la tomate), et j’ai réussi à en rire aussi, beaucoup.

Il y a eu la famille, la maman qui s’inquiète même si elle comprend, le papa qui ne sait plus bien ce que tu manges et ce que tu ne manges pas (tu en manges des pâtes ?), la rencontre avec F et l’esprit de contradiction, les beaux parents qui s’interrogent, les grands-parents qui comprennent, même si…

Et puis et puis, les repas à la cantine. Les justifications successives. Les blagues, constamment, tout le temps. Le retour dans ma région natale et les yeux de certains qui m’ont regardée comme une extraterrestre parce que le fromage, ça fait rien de mal, le fromage, et puis la charcuterie c’est pas vraiment de la viande. Il y a eu les voyages, les projets d’avenir et tout le temps les « Dis, tu feras comment quand tu auras des enfants ? ».

Je sais pas si c’est une impression mais je crois bien que non, c’est un peu tabou car on en parle pas beaucoup : il faut des épaules sacrément costaud quand on est végétarien. Moi, j’aimerais juste pouvoir manger ma gamelle de lentilles corail sans qu’on me demande si ce serait pas plus simple si je mangeais du foi de veau, j’aimerais juste qu’on me laisse avoir des enfants sans me demander si je ne vais pas les isoler parce que je leur ferai pas du bœuf bourguignon ou du lapin en sauce le dimanche midi. Et j’aimerai pouvoir sortir avec des amis sans que ceux qui ne me connaissent pas me demandent si on le vit bien au quotidien, de pas être des copies conformes avec F.

Il y a eu ce jour où tout a beaucoup trop pesé pour moi. La famille, les blagues, les sorties, les remises en question perpétuelles, la culpabilité, les débats, les analyses pour prouver que tu n’as pas de carence (tu le prouves, toi qui mange du Mac Donald 2 fois par semaine, que tu n’as pas de carence ?)(et des kebabs)(et des pâtes tous les soirs).

J’ai fait le choix d’être végétarienne pour que tout soit plus léger, ma conscience, ma santé, le monde, et je n’avais jamais pensé que cela puisse s’avérer aussi lourd, partout, tout le temps. Le cheminement a été tortueux, et parce que j’avais aussi besoin d’être bienveillante envers moi même, et plus souple, et de lâcher prise pour ne pas me transformer en cette fille aigrie que je voyais apparaître parfois quand on me posait des questions. J’ai fait le choix de m’autoriser parfois à adapter ce que je mange aux circonstances. La viande ne m’attire plus, du tout. Mais il m’arrive de remanger des crustacés, du poisson, du fromage. Parce que cela me donne envie, ou parce que je ne veux plus l’attention sur moi. Je ne vous raconte pas comme tout cela a mis du temps à émerger, combien de temps j’ai mis à l’accepter et à me l’autoriser. Est-ce que c’est OK d’être souple avec des convictions ?  Je n’en parle pas encore beaucoup. Parce que dans l’autre sens je n’ai aucune envie d’être la végétarienne qui remange du poisson parce que « tu vois on te l’avait bien dit, que c’était impossible à tenir sur le long terme ». Il y a des gens qui le font merveilleusement bien. Qui sont remplis de tolérance, d’amour, de courage et de passion. Je voudrais leur dire merci, merci d’ouvrir cette petite route pour le reste du monde. Je voudrais leur dire comme je les admire, vraiment.

De mon côté, j’avais besoin de faire ce choix pour alléger mes épaules, et mon mental. Pour libérer un peu de tolérance que je n’arrivais plus à avoir. La route est encore longue, et je ne saurais vous dire si tout cela est définitif ou temporaire. A vrai dire je m’en fiche. J’aimerais vous encourager aussi à lâcher prise, à accepter que l’on n’est jamais parfait, et que c’est OK parfois d’être plus souple. Même avec ses convictions. J’aimerais vous dire de reconnaître quand cela pèse trop sur vous. Le plus important au fond, c’est de trouver ce qui vous rend heureux, et léger. Surtout, léger.

Est-ce qu’il y a des convictions qui pèsent pour vous ?

Avec toute ma bienveillance,

Chloé le cocon magique

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