Lifestyle

En ce moment (décembre)

En ce moment, j’ai envie d’écrire, partout, tout le temps. Quand je vois du beau, du moche, quand je ressens du joyeux et du triste, j’ai envie d’écrire. J’ai envie de danser aussi, comme avant, ou comme quand il n’y a personne dans l’appartement et que je laisse tous les sentiments me traverser pour laisser mon corps s’exprimer (bon, j’avoue, j’ai quand même peur que le voisin qui promène son chien s’arrête devant ma fenêtre (vous savez, le fameux rez de chaussée)).

J’ai envie de m’emmitoufler dans un plaid avec des grosses chaussettes de Noël en sirotant ma tisane au chocolat parce qu’elle a tous les avantages ma tisane au chocolat : elle est réconfortante, pas besoin de lait, elle est rapide à faire, et puis elle a un goût de chocolat (et moi, j’aime bien le chocolat). J’ai envie de passer le dimanche après midi devant des séries télévisés complètement niaises, puis je me rappelle que je n’ai pas couru depuis une semaine (si je suis honnête c’est plutôt deux) alors j’ai envie de mettre mes dernières baskets roses pour aller courir, parce que ça donne quand même envie d’aller courir, quand tu as de belles baskets.

J’ai envie de lire Pierre Rabhi, Anna Gavalda, Agnès Ledig, pour ressentir que je ne suis pas seule au monde à m’émerveiller devant des détails insignifiants aux yeux de la plupart, mais j’ai aussi Netflix, et quand tu as Netflix, et les réseaux sociaux, tu as toujours moins le temps de lire des choses sur les détails insignifiants. Alors tu te couches en te disant que demain tu liras, dans la voiture ce week-end, tu liras, dans la salle d’attente, tu liras, ou avant de te coucher, promis, tu liras. Mais il y a toujours Netflix, la machine à étendre, et instagram que tu n’as pas consulté. C’est promis, demain, tu liras.

En ce moment, j’aimerais nager le crawl comme les filles qui nagent dans la ligne d’eau d’à côté. Alors je fais des allers-retours sans (trop) m’arrêter, je regarde tout un tas de vidéos sur l’internet pour apprendre comment améliorer l’alignement, regarder plus en bas, tourner moins la tête, battre mieux des pieds, pousser plus fort sur les bras. Et j’essaie de comprendre pourquoi j’avance comme un escargot mais je suis quand même beaucoup essoufflée. J’ai envie de faire un tout petit bébé triathlon en 2018, pour faire comme Célia et Camille, mais en ce moment j’ai aussi le pilate, le yoga, la danse que j’aimerai reprendre, et puis l’aquarelle que je voudrais essayer, et la cuisine, la cuisine que je ne voudrais pas délaisser.

En ce moment, c’est bientôt Noël, et je suis nostalgique des petits déjeuner en famille que l’on prenait tous les quatre le matin du 25 décembre, avant d’aller ouvrir les cadeaux. Parce que papa disait que si on ne prenait pas le petit dej avant les cadeaux, après on n’aurait plus envie, après il serait trop tard, ou alors, non c’est maman qui disait ça ? C’était les deux en fait. Alors on prenait le strict minimum et on fonçait sur les cadeaux. Je suis nostalgique aussi de ne plus voir ma sœur en pyjama le soir, et de ne presque plus la voir tout court, même si je la vois déjà beaucoup. Je suis nostalgique des soirées devant plus belle la vie avec elle et papa, et quand maman disait, quoi ? Luna n’est plus avec le docteur ? En fait elle fabriquait des colliers à côté et elle faisait mine de s’intéresser alors qu’elle ne suivait jamais vraiment mais elle comprenait quand même presque tout. Je suis nostalgique des matins où bien au chaud sous ma couette je les entendais s’affairer en bas, et nostalgique des tartines au miel que l’on engloutissait sitôt rentrés à la maison le soir. Je suis nostalgique, mais Chloé, il faut grandir, tu sais, on est heureux de voir que vous avez évolué. On est fiers de vous. Moi je suis quand même triste, parce que j’aime pas quand les pages se tournent, et je voudrais revivre encore toutes ces habitudes qui me réchauffait le cœur même s’il y en a de nouvelles.

En ce moment, j’ai envie d’apprendre vraiment la photographie, de me plonger dedans, de savoir comment on utilise Lightroom parce que ça fait trois mois que le logiciel est installé sur mon bureau et que j’ai envie de faire tout plein d’autre choses que de passer ma soirée à regarder des tutos internet qui ne m’apprendront jamais vraiment comme si c’était un vrai quelqu’un qui me montrait.

En ce moment, c’est l’hiver et je pense au week-end que l’on s’est promis avec ma sœur pour apprendre à surfer. Parce qu’on a les jetons (enfin, surtout moi), mais qu’il y a cet irrépressible appel de l’océan, tout le temps, et que j’en ai assez de me répéter que je n’en suis pas capable. J’ai aussi envie de partir en retraite de yoga, avec Cécile, pour prendre une douche d’amour, de calme, de bienveillance, mais ça coûte cher, et il y a le voyage en Indonésie, à La Réunion ou au Canada (il va falloir négocier dur avec F), et la voiture hybride, alors on verra plus tard, la retraite de Yoga.

Oui parce qu’en ce moment je m’en fou des choses matérielles, mais je viens quand même d’acheter une nouvelle voiture qui est d’occasion mais qui fait quand même très neuve, et je m’en veux, un peu. Parce que j’aimerais que tout le monde réalise qu’on s’en fou, des choses matérielles, que la bonne santé ça compte tellement plus. En ce moment je sais plus bien si je suis végétarienne ou si cela me pèse, parce que tout le monde s’en fou, et que la dissonance cognitive est un truc qui veut dire que les gens se vexent quand tu leur dis que tu fais le choix de ne plus manger des animaux. En ce moment, j’ai envie de m’engager dans plein de trucs pour la planète, j’ai envie de faire des conférences dans mon ancien IUT pour dire à tous les nouveaux diététiciens qu’il faut apprendre la bonne pyramide des protéines, pas celle que les lobbys ont fabriquée. J’ai envie de vous parler de mon collègue qui est très très fort en course à pied et qui est devenu végétarien parce que c’est pour être meilleur encore.

En ce moment, chaque geste bienveillant m’émeut. Il y a la petite dame du café qui vient me dire que son petit fils est né, oh si vous saviez Chloé, il est tellement beau, et ma fille, elle est tellement contente, parce que vous savez Chloé, elle avait fait une fausse couche, et là, là elle est tellement heureuse. Et des fois, mes collègues qui s’approchent pour me demander si ça va, en pensant, ça va vraiment ? Parce que tu sais Chloé, toi quand ça va pas, même juste un peu, t’es pas pareil, t’es plus solaire, alors, dis ça va t’es sure ? Je suis toujours émue par les gens qui demandent aux autres si ça va vraiment.

En ce moment, j’écris ces quelques lignes au travail, il est midi trente (ou plutôt treize heure depuis que j’écris) et l’open-space est vide. J’ai mon manteau sur les genoux pour faire comme si c’était un plaid douillet. Et je suis heureuse de chercher tout le temps un équilibre. D’avoir tout plein d’envies. D’être nostalgique, aussi. Et raisonnée. Je crois que je ne voudrais pas changer grand chose ? Ah, si j’aimerais lâcher prise. Plus, plus, plus.

En ce moment, vous ?

Câlins douillets,

Chloé le cocon magique

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4 Commentaires

  • Répondre Clémentine 1 décembre 2017 at 7 h 41 min

    Très beau texte, plein d’espoir et de nostalgie, comme la vie.

    • Répondre Chloé 4 décembre 2017 at 8 h 23 min

      Merci pour ton petit mot Clémentine ! 🙂 (ton blog et tes photos sont tellement jolis !)

  • Répondre Cynthia 1 décembre 2017 at 16 h 06 min

    Merci Chloé! Lire ça un 1er décembre au chaud sous le plaid avec le beau manteau neigeux ça fait du bien!

    • Répondre Chloé 4 décembre 2017 at 8 h 24 min

      Hihi tu as raison, c’est aussi comme ça que j’ai occupé mon dimanche, et ça fait tellement de bien 🙂

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